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Convoi BMVT du Souvenir de la Libération (12 - 14 septembre 2014)

 Sept. 12, 2014, 6:30 a.m. par ahdf
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« Les voilà ! » Nous ne pouvions rester insensibles aux évènements relatifs à la libération de notre pays, en septembre 1944. Alors, cette année, en lieu et place de son traditionnel "One-day rally",  le BMVT a organisé un grand rallye de commémoration qui a relié différents lieux historiques. Nous avons effectué un circuit d'environ 90 km qui nous a fait emprunter partiellement l'itinéraire des 3ème Division blindée et 30ème Division d’Infanterie américaines. Ces deux divisions ont largement contribué à la libération de la région de la basse-Meuse. La route suivie a pris une dimension internationale puisque nous avons achevé cette reconstitution dans le village hollandais de Gronsveld, non loin de notre frontière : après un contact avec le club local de véhicules militaires, le 113th Cavalry « Red Horse », une collaboration avait été mise sur pied pour ce rallye de la mémoire.

Dès le vendredi 12 septembre, les premiers participants ont été accueillis à Wégnez.

Le samedi 13 à 8h, l'escorte de police nous attendait pour la formation du convoi. Le Sherman M32 dépanneur (équipage formé par Daniel, Dieter et Lucia) roulait en tête, suivi de blindés légers et d'un groupe de reconstitution 30ème Inf. Div. « Old Hickory » transporté en jeep et GM. Suivaient les engins lourds de transport, dont plusieurs tracteurs avec leurs semi-remorques chargées, puis un imposant convoi. Plus de cent véhicules militaires composaient ce long ruban qui s’étirait lentement sur plus d’un kilomètre. La distance entre Ensival, notre point de départ, et notre premier arrêt, Pepinster, ne fut pas longue. L'accueil y fut grandiose ! La population était massée de part et d'autre de la chaussée ; les troupes à pied ouvraient la voie, suivies du char et du convoi. Les cloches de l'église sonnaient à toute volée. Un homme âgé, très ému, me prit la main et me dit « Merci ! Je revis le plus beau jour de ma vie : la libération ». Je lui répondis que je n'y étais pour rien, que nous n'étions  que des acteurs d'une reconstitution (qui, maintenant, me semblait réussie). Pendant le static show dans la grand’rue, le bourgmestre, M. Godin, invita tous les participants à un petit déjeuner copieux et très agréable, offert par la commune.

10h. Coup de sifflet, les moteurs démarrent et le convoi se met en mouvement. Via le fort de Tancrémont, nous arrivons sur un lieu historique : Forêt-Trooz, un village qui fut tragiquement connu suite aux exactions des nazis qui y ont fusillé plusieurs résistants et incendié le château, en septembre1944. Static show pour les visiteurs et les villageois, repas de midi pour les "libérateurs" : un  lunch paquet nous fut offert par la commune.

12h45 : nouveau départ. Nous allions parcourir le beau pays de Herve, accompagnés par la meute de Harley sous la direction de William pour escorter notre convoi : nos motards sont de vrais pros !

15h : arrivée à Fourons-le-Comte. Arrêt, accueil, drink et quelques allocutions de nos hôtes, Vincent Heggen et Nico Droven, qui ont bien organisé cette halte. Gregory DeMatio, fils d’un vétéran de la 30ème Div. D’Infanterie, a lu un extrait du journal de campagne de son père, où il était notamment question de la remise d’une trentaine de prisonniers allemands par des résistants de Genappe à son unité ; coïncidence incroyable, parmi ces résistants figuraient le père d’Etienne Girboux, membre du BMVT depuis toujours. Deux fils des protagonistes de cette reddition se rencontraient fortuitement 70 ans plus tard… Des gerbes ont été déposées au monument de la 30ème Division, avec peloton d'honneur  géré par Philippe Piton. Good job !

Nous devions repartir. La Hollande n'était plus très loin et le timing nous obligeait à quitter nos amis.     

Nous avons emprunté l'itinéraire de la  30ème ID. Après avoir traversé une forêt par un chemin caillouteux (inchangé depuis 1944), nous sommes entrés aux Pays-Bas. Norbeek, premier village hollandais libéré en septembre 1944, était rapidement atteint. Après une petite mise en scène représentant deux soldats allemands fuyant à bord d'une charrette hippomobile, nous entrions dans le village. Ouaaah ! Des milliers de personnes nous attendaient depuis des heures ! Epoustouflant, cet accueil ! Les cloches sonnaient, la musique, les hourra, les drapeaux, il nous était presque  impossible d'avancer à travers la foule compacte. Après un long arrêt, toujours sympa avec… des drinks et des collations offertes, nous avons éprouvé quelques difficultés à faire redémarrer le convoi.   « Libération » suivante et dernier arrêt de la journée : Gronsveld. Précédés de notre squad de Harley suivi de notre peloton de GI's à pied de part et d'autre de la route, nous sommes entrés, non sans fierté, dans le beau village pavoisé comme à la libération. Notre arrivée ne fut pas discrète… Nous envahissons littéralement les lieux avec nos engins libérateurs. Les gars du club  local « Red  Horse » représentant le 113ème Rgt de cavalerie US, cette unité même qui libéra le village en 44, ont réalisé un super boulot : tout le village était décoré. Dans un bâtiment de ferme, une immense exposition de véhicules et matériels militaires de collection, avec dioramas, était ouverte au public, un seul mot : superbe !

Après le repos des guerriers pacifiques (oui, nous !), nous avons été invités à rejoindre le terrain aménagé pour y installer notre bivouac, avant les activités prévues en soirée, tel ce BBQ géant et succulent (à volonté, merci, Franz !). Ce fut une soirée très agréable dans un cadre sublime, avec musique d'ambiance. Cette halte et l'accueil resteront un autre grand moment de ce convoi du souvenir de la libération.

Le  Dimanche,  après un super petit déj’ (digne du BBQ de la veille), nous nous sommes préparés pour la seconde « libé » du village qui allait se dérouler en début d'un après-midi ensoleillé. Après un court périple dans la région, nous sommes entrés dans la grand’rue, une fois de plus  engorgée de monde et survolée régulièrement par l’avion de notre ami et pilote Remko, un Stinson de la 2ème guerre. Que d'émotion, une fois de plus ! En cette Fin d'après-midi, ce n'est pas sans tristesse que nous nous sommes résignés à quitter cet endroit où la fête n'était pas terminée. Il nous fallait rejoindre nos domiciles respectifs.

Merci à tous ceux qui ont répondu  présent à notre appel : ce fut un devoir de mémoire que nous  ne pouvions oublier ni éviter. Nombreux sont ceux qui ont œuvré dans l'ombre pour la réussite de ce projet. Ce fut un très grand et beau travail de groupe. Merci également à vous, les participants, qui  pourrez dire, non sans fierté : « J'y étais ! »

André WITMEUR

Photos © Alain Henry de Frahan, Alain Olivier, Christophe Bissot, André Witmeur, Daniel Röttger, Fabienne Verwilghen