News

Accueil d'un vétéran américain

  Feb. 16, 2016, 4:23 p.m. par ahdf
Vu : 326 fois

Lors de ce Winter Rally 2016, nous avons eu l'honneur et l'heureuse surprise d'accueillir un vétéran américain : Anthony Grant ; âgé de 96 ans, il est toujours en pleine forme ! Il est très rare de rencontrer des afro-américains. Anthony était attaché à la 3ème Armée US. Et avait débarqué en 1944 sur une plage de Normandie. Laquelle ? Il ne s’en souvient pas car il n'était absolument pas informé de l'endroit où il se trouvait. Il était à bord de son camion GMC, un "deuce & half " (comme il dit pour ce camion de 2,5 tonnes de charge utile). « Nous suivions simplement le camion qui nous précédait ». Après plusieurs semaines de transport de routine, à la fin août 1944, il fut réquisitionné avec les autres chauffeurs de sa compagnie pour une opération spéciale dont le nom est devenu célèbre : le Red Ball Express.

Il sillonna alors les routes de France, transportant le ravitaillement nécessaire à l'armée du Général Patton au fil de son avance fulgurante. Pour l'anecdote, Anthony nous a raconté qu’un matin, l'ordre de marche remis à l'officier en charge du convoi indiquait un itinéraire visant à rejoindre un dépôt précis pour le déchargement de leur cargaison en fin de journée. Fin d'après-midi, le convoi étant arrivé à destination, l'endroit se révèle désert... La sentinelle leur indiqua que le dépôt avait quitté les lieux le matin même sur ordre urgent pour suivre de plus près l'avance de Patton et que ce convoi devait également se remettre en route pour rattraper ce dépôt et enfin y décharger la cargaison.

Tout en bavardant, je propose à mon G.I. retraité de lui offrir un verre. Sur le ton de la plaisanterie, je lui demande : « Cognac ? ». A ma surprise, il me répond « Why not ? » (pourquoi pas ?). Nous partons alors sur une autre histoire plus cocasse. A proximité de l’endroit où nous nous trouvons, en guise de décor, il y a un jerrycan US que j'emprunte et Anthony me dit « Si tu savais combien de milliers de ces trucs j'ai manipulé ! ». Je pose le légendaire bidon à côté de son verre de cognac et nous prenons une photo de la scène. Je lui demande s'il connait la réputation des chauffeurs US en rapport avec le marché noir. « Oh, Yes ! Le tarif était un jerrycan d'essence contre une bouteille de cognac ou de calvados ! Au début, les Français nous fournissaient de la bonne qualité mais les jours passant, le cognac n'avait plus le même goût et semblait peu alcoolisé. Nous avons remarqué que nos fournisseurs coupaient le sympathique breuvage avec de l'eau ! Sans mot dire, nous avons utilisé la même méthode : moitié essence, moitié flotte. Curieusement, la livraison suivante de cognac fut de très bonne qualité... Ha ! Ha ! Ha ! »

Notre ami se souvient d'avoir été caserné fin janvier 1945 à Charleroi puis Namur, en Belgique, d'où il fit de nombreux voyage vers les Ardennes marquées par des dévastations.

Il termina la guerre en Allemagne puis se rengagea dans l'US Army où il accomplit une longue carrière avant de prendre sa retraite avec le grande de major. Il vit actuellement une retraite paisible à Hampton, en Virginie. Stay on the Ball ! * Thanks a lot, Tony, for the good job you did!

André WITMEUR

* Devise du Red Ball Express